Amalgame n°36 : La sécurité alimentaire. Cela nous concerne !

Publié le jeudi 26 juin 2008

L’augmentation du prix des denrées alimentaires sur le marché mondial et ses conséquences dramatiques sur des personnes déjà fragilisées ne peut pas nous laisser indifférents.
Ignorer le problème sous prétexte qu’il est compliqué, et que les solutions dépendent du bon vouloir de quelques grands décideurs est une tentation bien légitime, mais ce serait trop simple d’en rester là.
Il est vrai que le problème est complexe, mais il est en partie à notre portée.
A l’origine des dérèglements vécus actuellement, on observe la perte de pouvoir de décision des agriculteurs dans les matières qui les concernent directement. C’est le « marché » qui prime et qui induit des modes de production qui révèlent bien vite leurs limites :
-> dépendance par rapport aux semenciers et aux groupes chimiques
-> équipements très lourds en investissements et donc en emprunts
-> marges bénéficiaires pratiquées par les intermédiaires de la distribution
-> ...

Les agriculteurs se retrouvent immanquablement dépendants de grands groupes dont l’objectif principal est le rendement financier, et le commerce international est soumis aux spéculateurs.
La mondialisation du commerce nous donne accès à des produits obtenus grâce à de très bas salaires et un transport qui n’inclut pas les coûts de la pollution qu’il engendre.
Les habitudes des consommateurs que nous sommes se modifient au diapason des prospectus publicitaires des grandes chaînes de distribution. C’est petit à petit que nous nous retrouvons embrigadés dans un système de production alimentaire que nous n’avons pas choisi !

Mais alors que faire ?
Trois pistes :
1. Consommer des produits de saison provenant des agriculteurs locaux et responsables du sol qui leur est confié et soucieux de la santé de leurs clients. C’est le cas de tous les producteurs bios.
2. Acheter des produits qui sont obtenus par de petites collectivités locales qui ont le souci de maintenir la maîtrise de leurs moyens de production et des traditions de qualité. Il n’en manque pas dans nos régions, mais c’est aussi le cas pour les produits plus lointains appelés « du commerce équitable », pour lesquels, une rémunération juste du travail est assurée. (par exemple le Label Max Havelaar, ou OXFAM)
3. Veiller à ce que nos politiciens inscrivent leur action au niveau international vers une meilleure régulation des marchés, en favorisant le maintien des producteurs locaux plutôt que de les concurrencer par des importations massives de produits à bas prix parce que subsidiés. Exemple : les poulets à très bas prix importés au Sénégal ont fait disparaître de petits éleveurs locaux.

Les citoyens que nous sommes ont encore le pouvoir d’orienter le commerce au profit de producteurs qui maîtrisent les produits beaucoup mieux que les financiers. Partout dans le monde, la connaissance locale de la production alimentaire respectueuse des sols et de la nature a beaucoup plus d’avenir que les solutions artificielles prônées par des apprentis-sorciers dont le seul souci est de maximiser leurs profits.

Le débat est ouvert.

Jean-Pierre Lacroix