Amalgame n°38 : La crise financière et un Ecolo lambda

Publié le lundi 22 décembre 2008

Voici plus d’un an que la crise financière des « subprimes » mobilise notre actualité journalière. Elle est née dans le pays moteur de l’économie mondiale et grand tenant de l’économie libérale. Bien que les mécanismes de la crise soient connus dès la première chute boursière et malgré l’évidence de risques majeurs pour l’économie, à aucun moment une autorité politique n’a jugé utile d’exiger du monde financier de tirer une situation exacte destinée à anticiper l’effondrement que nous connaissons. Pire le monde financier s’est bien gardé d’informer correctement la clientèle qu’elle soit épargnante ou actionnaire. Bien au contraire, il n’a pas cessé de prodiguer des propos qui induisaient à penser que la situation était sous contrôle.

Aujourd’hui, il est difficile de ne pas constater que le monde politique n’a d’autre choix que d’obéir aux appels à l’aide financière des banques sous peine de provoquer des drames sociaux brutaux et majeurs. Par la même occasion, le contribuable se voit appelé à la cause contraint et forcé et, mieux encore, condamné à payer les conséquences. Cette crise, faut-il le constater, déborde largement de son cadre et affectera sans doute l’ensemble de la société humaine pour de longues années.

Les responsables de ce désastre de tous bords s’évanouissent discrètement de la scène et attendront dans leurs retraites dorées les recours éventuels si tant est qu’ils aient lieu un jour ! Finalement, en trois quarts de siècle nous avons assisté à l’échec total de l’économie planifiée du capitalisme d’état et à l’échec majeur de l’économie libérale du capitalisme privé. Actuellement, nos dirigeants font tout pour rétablir la confiance du marché, rétablir la croissance du marché et donc la croissance de la consommation. Mais ils restent sourds aux cris alarmants qu’une pléthore de scientifiques ou économistes nous clament de plus en plus régulièrement : comme la société américaine, nous consommons plus que la terre ne peut produire et cela nous mène droit dans un mur. Pour certains spécialistes, seuls ceux qui seront en mesure de maîtriser leur consommation d’énergie et de besoins auront un avenir.

Voici plus de vingt ans qu’ECOLO prône un autre mode économique basé sur des projets à longs termes, renouvelables et faiblement consommateurs. Les dernières propositions visent principalement à revenir à des pratiques de marchés claires où chacun reste dans son domaine d’excellence. A titre personnel, j’estime qu’il serait peut-être temps de repenser à la place que devrait occuper la manne financière des assurances groupes et épargne pension. Beaucoup d’entreprises sont actuellement détenues par l’un de ces acteurs alors que ces derniers n’ont pas pour but de prendre un risque d’entreprise ce qui me paraît amener un solide conflit nuisible à l’économie en général.

D’autres formations politiques adoptent de plus en plus le profil. Mieux encore : il semblerait même que l’arrivée du nouveau président des USA offrirait une impulsion sérieuse à la réorganisation de notre économie puisque l’écologie serait considérée comme source de renouveau majeur. L’Europe a toujours vanté les avantages de l’économie néolibérale, mais la crise du pouvoir d’achat à savoir des gens qui ont un travail mais me gagnent pas assez pour assurer leurs besoins primaires, n’est-ce pas l’une des problématiques connue au début de la révolution industrielle ? En définitive, les thèses écologistes ne sont-elles pas la manière d’adapter notre économie actuelle au profit de tous les êtres humains présents et à venir ?

Albert WALEFFE
Membre ECOLO de Chaumont-Gistoux

Note : ECOLO a publié une série de 20 propositions pour « sortir » de la crise financière. Vous les trouverez sur notre site (www.chaumont-gistoux.ecolo.be)