Demande de permis de lotir S.A. BIK - rue de l’épine - Fond Delvaux

Publié le samedi 29 avril 2006

Chaumont-Gistoux, le 1er mai 2006

A l’attention du Collège des Bourgmestre et Echevins Administration communale

Objet : demande de permis de lotir S.A. BIK - rue de l’épine - Fond Delvaux.

Madame, Messieurs,

Le 11 mai 2005, nous vous avons envoyé un courrier relatif au projet de lotissement repris en rubrique ci-dessus. Les mois se sont écoulés et nous avons appris que BIK avait abandonné son projet. L’actualité nous prouve qu’il s’agissait pour le lotisseur de reculer pour mieux sauter.

Jugeons plutôt. La société BIK revient donc aujourd’hui avec son projet de lotissement toujours situé pour partie dans le périmètre du futur PCA. Certes, elle apporte des modifications qui vont dans le sens de l’avis du Commissaire Voyer et des opposants au projet, mais le problème reste entier.

Par rapport au dossier précédent, nous relevons quelques remarques :

La rue du Fond Delvaux plus large (5 m. à partir de l’axe, côté lotissement). Cette solution ne résoudra pas le problème de l’écoulement du trafic puisque l’aménagement n’est prévu que sur la distance du lotissement. Rien n’est programmé pour cette rue qui aura deux visages ! On constate une adaptation plus modeste de rue de l’Epine dont la largeur passe de 8 à 7 m., Le nombre de lots est identique, mais les parcelles du haut sont réparties en deux groupes de trois maisons. Cette disposition originale imposerait une parcelle en co-propriété et offrirait des dégagements paysagers appréciables, Des petites placettes - éventuellement cédées à la Commune - verront le jour, Le lotissement voit sa taille réduite à 1ha66 par la suppression de terrains non exploités à l’arrière, Le dossier annonce erronément un lotissement s’impliquant harmonieusement dans le paysage, entouré de maisons unifamiliales. C’est faux ! Outre les petits lots du bas et les lots du haut disposés de manière précise, le lotisseur suggère des quatre façades éventuellement mitoyennes par les volumes secondaires. Il est regrettable de ne pas encourager les trois façades, comme le suggère la Région wallonne, Le dossier prétend avec optimisme que cette implantation n’aura pas d’effet sur l’esthétique générale du site. Avec, dans certains cas, 7,5 m. de façade, c’est un sérieux défi et une rue de l’épine transformée en couloir, La rue de l’Epine est petite, discrète et à circulation locale. Ce lotissement va la défigurer !

Indépendamment de ces quelques remarques sur lesquelles une réflexion s’impose impérativement, le lotisseur veut présenter un dossier idyllique. Or, outre les aspects esthétiques et les précisions techniques déjà cités, le problème de l’égouttage reste entier. Un égout séparatif est évoqué, de même qu’une station d’épuration ! Nous sommes loin du compte !

La mobilité ? Débattu fréquemment ces dernières années, ce thème interpelle de plus en plus les citoyens soucieux d’une plus grande sécurité d’un confort de déplacement pour tous les usagers et d’une garantie de qualité de vie pour les riverains. L’arrivée brutale d’une trentaine de voitures supplémentaires qui accèdent au site et traversent le village ne peut se faire dans l’improvisation. L’environnement des riverains des principales rues du village s’en trouvera affecté, blessant ainsi le caractère rural du hameau. Pour palier à cet évident souci, la création de cet imposant lotissement devra passer par un plan de mobilité local.

Mais l’essentiel est ailleurs. Au-delà des remarques citées plus haut, le Conseil communal a chargé le Collège, en 2000, d’entamer des procédures d’élaboration de l’avant-projet de Plan Communal d’Aménagement pour Dion-le-Mont. Cette annonce faite avec grand fracas, nous nous en félicitions. Or ce PCA est toujours, en 2006, au stade de l’étude. Pourtant, sa réalisation permettrait enfin d’avoir une vision globale sur l’évolution immobilière dans le centre de Dion. Des lotissements futurs ne sont pas à exclure, qui plus est à proximité du projet actuel. La Commune ne peut accepter ce projet sans prendre en considération les paramètres futurs !

Pour rappel, un PCA, c’est un projet global, une vision à long terme sur l’aménagement d’un village. C’est une réflexion sur l’avenir de notre entité et sur ce que leurs habitants veulent en faire. A ce titre, élaborer un Plan d’aménagement présentait tous les avantages d’une vue d’ensemble de l’urbanisation et du logement dans notre commune. Ce PCA devenait un atout majeur face à des promoteurs qui ne cherchent pas toujours à préserver l’ambiance, le climat, l’esprit d’un cœur villageois. Un atout également pour faire revivre un centre de village par un projet novateur, un projet pilote qui associerait obligatoirement les composantes environnementale, économique, sociale et urbanistique.(tant maillage écologique que mixité sociale) Enfin, un PCA, parce qu’il impose une étude d’incidences et une enquête publique, garantit une participation citoyenne et autorise chaque habitant à exprimer ses suggestions.

Aujourd’hui, les questions se répètent. La lenteur du dossier PCA est affligeante et nous nous demandons comment le Collège pourrait justifier un tel lotissement alors qu’un PCA, dont l’idée fut adoptée à l’unanimité, est en cours d’élaboration !  Il nous semble tout à fait évident que le lotissement de la rue de l’épine / Fond Delvaux remettrait en cause le travail du bureau Concept, rendrait le projet de PCA sans objet et ce au mépris d’une décision prise par le Conseil communal. De plus, en imaginant que ce permis de lotir soit accordé, il devrait, et c’est bien le moindre, respecter les options proposées dans le cadre du PCA. Or, celles-ci nous sont, à ce jour, nébuleuses !

Toutes ces interrogations - ce principe de lotissement au cas par cas, sans vision globale ni projection, la non prise en considération de l’évolution ni des voiries ni de la mobilité - nous désolent.

Notre commune subit depuis quelques années une pression immobilière sans précédent. Pour que Chaumont-Gistoux ne devienne pas Woluwé-St-Lambert, il est impératif de se donner des balises incontournables. Dans la problématique en rubrique, face à ce projet de lotissement qui ne cadre pas avec le caractère rural du site, face aux lenteurs dans l’élaboration du PCA, nous affirmons notre opposition ferme à la demande de permis de lotir en question. Un PCA a été décidé. Sa mise en œuvre doit être accélérée en priorité, offrant ainsi un cadre strict à la future, inéluctable, désolante et fatale rurbanisation de notre beau village.

En vous remerciant de nous avoir lus, veuillez accepter, Madame, Messieurs, nos salutations distinguées.

Pour le groupe ECOLO au Conseil communal,

Luc MERTENS