Tout est culture

Publié le mardi 5 janvier 2010

La culture est un mot étrange pour désigner une réalité bizarre. On ne sait pas très bien ce que c’est, on y fourre tout ce qui appartient au domaine des loisirs, de la télé, des sorties du vendredi soir. Dans les journaux, elle remplit les pages qu’on survole à peine (sauf quand on a des chances d’y trouver le nom de son petit neveu qui a donné un spectacle de marionnettes à la salle paroissiale de Gouy-lez-Piéton), et les affaires culturelles sont toujours la dernière compétence que se refilent les mandataires, au moment de constituer un exécutif. Il suffit d’ailleurs d’indiquer ce mot dans le titre de ce texte pour prendre le risque de voir la moitié des lecteurs passer à la page suivante.

Tout cela finalement n’est pas grave, n’a rien de triste ni de choquant : la culture est une réalité si riche, si vivante, qu’elle n’a pas besoin d’être montée en épingle, d’occuper les pavois, d’être courtisée. La culture, c’est la vie tout entière, avec ses liens. C’est la somme de ce qui relie les humains entre eux, de ce qui les fait prendre part à un groupe, à une espèce.

Vous souvenez-vous de l’épicerie de Jean et Léonie Flémal, à Dion-le-Mont ? Vous souvenez-vous que, jadis, le village de Gistoux était traversé par une voie de tram, et que la chaussée de Huy était bordée de grands arbres sur toute la longueur du bourg ? C’est un fait culturel, ça participe au rapport qu’on entretient avec le lieu qu’on habite, avec les gens qui y vivent, et (par extrapolation) avec d’autres gens qui ont vécu à d’autres époques, dans d’autres endroits : aux bonbons de notre enfance, aux longues routes bordées de platanes que l’on a tous connues en traversant la France, et aux trams vicinaux qui reliaient Frameries à Lobbes en passant par Mons et par Binche.

Nos ancêtres se sont emparés du réel, ils l’ont pétri, puis ils se sont montrés créatifs, ils ont imaginé de nouveaux tracés. Ils nous ont légué des territoires réels et imaginaires. Aujourd’hui, c’est notre tour : et quelles créations laisserons-nous à ceux qui nous suivront ? La culture nous relie à nos ascendants, nous relie à nos descendants, elle s’ancre dans nos villages et nous connecte à tous les habitants des pays de la Terre.

Le parti ECOLO ne peut que se sentir impliqué par ce type de perspective, dès lors qu’il s’agit de respecter ce qui a existé, pour créer un avenir vivable, durable, riche, fécond. Dès lors qu’il s’agit de dessiner des solutions nouvelles envers des problèmes totalement inédits. Dès lors qu’il s’agit de former des réflexions qui prennent racine dans un village pour concerner la planète tout entière.

Ici, à Chaumont-Gistoux, des dizaines de personnes créent. Pétrissent la pâte des réalités anciennes, pour en faire exister de nouvelles. Des dizaines de peintres peignent, font émerger des images insolites, ouvrent nos yeux. Des sculpteurs sculptent, érigent des formes que l’on n’avait pas vues avant eux. Des musiciens nous font aborder à des rivages nouveaux. Il existe une troupe de théâtre qui fait surgir des péripéties étonnantes. Il existe même un romancier, paraît-il, pour dessiner le tracé de continents imaginaires, sur lesquels pas un humain n’a encore posé l’œil ni le pied. Il existe de nombreux créateurs qui élèvent des bornes un peu plus loin, derrière nos habitudes, et qui repoussent les horizons. Qui s’échinent à rendre le lendemain plus lumineux que la journée de la veille. Qui font un travail de créateur, de visionnaire parfois. Savez-vous que notre commune comporte aussi, entre autres, un facteur d’orgues, un violoniste de talent, des architectes, des chanteurs classiques, des comédiens, des chorales profanes et paroissiales, un atelier d’art floral, des musées, un syndicat d’initiative ?...

Pas de récupération douteuse : ECOLO ne rallie pas toutes ces gens. Mais il les regarde faire et les respecte. Il s’en émerveille, et donne du prix à leurs réalisations. ECOLO espère en la création. Anne-Marie Louette, échevine de la culture, stimule les initiatives. Christian Boderi, président du Centre culturel, accueille avec ses collaborateurs des expositions, des concerts, des conférences, des représentations théâtrales dont on ne mesure pas assez la valeur. Et à la province du Brabant wallon, Flo Michel, députée provinciale chargée de cette compétence, soutient la culture avec énergie et détermination. Il est précieux que cela se sache.

Xavier Deutsch (pour la locale ECOLO de notre belle commune)

AMALGAME N° 42 P22